Analyse

Financer des bons de commande avant d'avoir été payé

Décrocher un gros client ne sert à rien si l'on n'a pas les moyens de livrer. Le financement de bons de commande existe précisément pour cet écart.

Le problème se présente toujours de la même façon. Une entreprise obtient enfin l'attention d'un détaillant d'envergure. La commande potentielle est plus grande que tout ce qu'elle a livré jusqu'ici. Et c'est exactement à ce moment que la question devient impossible : il faut payer les fournisseurs maintenant, produire ou acheter le stock maintenant, et le paiement du client n'arrivera que dans soixante ou quatre-vingt-dix jours après la livraison.

Le fonds de roulement disponible est calibré pour le volume actuel, pas pour celui qu'on espère. Refuser la commande est une décision commerciale désastreuse. L'accepter sans financement est un risque d'exploitation réel.

Ce que finance réellement ce type de facilité

Une facilité de bons de commande comble l'intervalle entre l'engagement du fournisseur et l'encaissement du client. Elle ne repose pas sur le bilan historique de l'entreprise mais sur la solidité de la commande elle-même et sur celle de l'acheteur qui l'a passée. C'est une distinction importante : une PME dont le bilan ne justifierait pas une marge de crédit classique peut être finançable lorsque l'acheteur en bout de chaîne est un détaillant national.

La facilité est généralement renouvelable et dimensionnée pour suivre les commandes plutôt que pour être fixée une fois pour toutes. C'est ce qui la rend utile : une entreprise en croissance ne sait pas d'avance de combien elle aura besoin le trimestre suivant.

L'autorisation préalable change la conversation commerciale

Une facilité préautorisée ne sert pas seulement à financer une commande reçue. Elle permet de négocier autrement, parce que l'entreprise sait avant de s'asseoir avec l'acheteur qu'elle pourra livrer ce qu'elle promet. La crainte de la non-livraison — qui pousse tant de dirigeants à sous-évaluer leur capacité — disparaît de la table.

Il y a un second effet, moins évident et souvent plus rentable : pouvoir payer un fournisseur rapidement, ou selon des modalités qui l'arrangent, a une valeur monétaire. Cette valeur se négocie.

Ce que cela a donné dans un dossier

Un distributeur de marque était en discussion avec de grands détaillants et devait pouvoir soutenir d'éventuels bons de commande.

  • Facilité renouvelable autorisée de 3 000 000 $, évolutive selon les commandes reçues
  • Facilité préautorisée
  • Capacité de prendre des commandes sans crainte de non-livraison
  • Le client a négocié un escompte fournisseur de 2 % en offrant de meilleures modalités de paiement

L'escompte de 2 % mérite qu'on s'y arrête : sur des volumes d'approvisionnement importants, il compense une part appréciable du coût de la facilité.

Exemple historique seulement. Il ne constitue pas une promesse de modalités, de disponibilité ou de résultats pour une transaction future.

À quel moment en parler

Avant de soumettre la soumission, pas après avoir reçu la commande. Une facilité mise en place d'avance permet de répondre à l'acheteur avec des délais fermes ; une facilité montée dans l'urgence, après coup, se négocie mal et se met en place lentement — alors que le détaillant, lui, attend une date.

Les services concernés sont le financement du fonds de roulement et les garanties fournisseurs.